Une association de dirigeants engagés pour l’économie, CJD 83 ans d’impacts ! (1/2)

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Le CJD est une association de dirigeantes et de dirigeants engagés qui plaide depuis 1938 pour « une économie au service de l’Homme ». Acteur engagé de la cité, au niveau local comme au niveau national, le CJD a la vocation de faire connaître ses idées pour influer sur le débat public.

Découvrez nos publications et prises de position de 1938 à 2018 :

1942 : Vers la fin du salariat

Jean Mersch (fondateur de l’association) se réinterroge sur le « drame de 1936 » : des « patrons et salariés en deux camps hostiles », incapables de dépasser leur « haine » alors qu’ils sont « réunis chaque jour par le travail en commun ». Pour lui, la cause réside dans « une sorte de divorce entre le technique et l’humain », le « travail industriel » ayant détruit les communautés humaines qui fondaient l’entreprise. Il préconise donc de remplacer le salariat par des formes d’ « association » et de collaborations « entre personnes », ce qui nécessite une transformation des relations sociales et de la rémunération (qui doit être liée à l’engagement individuel et collectif).

Mai 1968

Le CJP publie 7 communiqués de presse pour demander au Gouvernement d’entendre les revendications de la population, et des jeunes en particulier, pour plus de liberté, d’autonomie et de responsabilités. Pour le CJP, l’entreprise doit s’adapter aux changements sociétaux en faisant plus de place à la représentation salariale. Promoteur du dialogue social, le CJP se renomme « CJD » en juin et se déclare « prêt à discuter avec tous les interlocuteurs de toutes les propositions sérieuses concernant la réforme de l’entreprise et de la vie économique ». Lors du congrès, après les événements, le nouveau président du CJD Pierre Bellon déclare : « Nous avons le devoir d’être d’authentiques réformistes, ceux qui en permanence contestent dans la société ce qu’elle a d’injuste et d’inhumain, mais ceux qui, dans le même temps, sont capables de promouvoir les transformations novatrices pour faire, de notre monde de la croissance, un monde de développement. »

1974 : L’autorité de l’entreprise

Six ans après le bouleversement culturel de mai 68, le CJD s’interroge sur ce que l’entreprise est en train de devenir et trace un chemin pour « l’entreprise à dimension humaine ».

Partant de sa vision de l’Homme (« l’homme se construit en continu, n’existe qu’en relation avec l’autre, veut disposer de la liberté de choix et ce choix entraîne la responsabilité), le CJD estime que :

– Les entreprises doivent davantage prendre en compte son environnement (la pollution, l’industrialisation internationale, les consommateurs, les syndicats…) car elles deviennent « co-responsables du développement économique et social de la localité et de la région », leur « utilité sociale [étant] une exigence croissante imposée à l’entreprise par la collectivité ».

– Les entreprises doivent se transformer de l’intérieur : elles doivent être attentives à l’adhésion des salariés au projet stratégie et pour cela mettre l’accent sur la communication, la formation continue « technique » et « humaine et sociale », la prise de décision « au plus bas niveau » et l’autonomie des salariés.

– Les dirigeants doivent devenir des « leaders » (« pas homme-orchestre mais chef d’orchestre »), pouvant être choisis collectivement par les acteurs de l’entreprise pour une durée déterminée et dotés de qualités de dialogue et d’écoute. Source d’inspiration pour le gouvernement dans les années 70, cette publication fait apparaître des notions importantes du débat politique actuel : la reconnaissance des parties prenantes de l’entreprise et l’utilité sociale (inscrites dans la loi Pacte de… 2018), la place des salariés (et la formation tout au long de la vie).

1992 : Charte de l’entreprise citoyenne

Reconnaissant que « l’entreprise n’est pas une fin en soi et le profit n’est pas une fin pour l’entreprise » et que « l’entreprise ne peut gagner durablement qu’en faisant gagner les autres », en tant qu’association de dirigeants engagés, le CJD pose les principes d’une entreprise qui allie la performance économique, la performance sociale et la performance sociétale. L’entreprise « citoyenne » que les JD s’engagent à promouvoir est créatrice de richesses : profit mais aussi culture et savoirs, co-développement avec les entreprises partenaires et les territoires, employabilité…

1995 : Des dirigeants engagés en faveur de l’entreprise à la carte

Deux ans avant le gouvernement Jospin, le CJD fait la proposition d’un aménagement et d’une réduction du temps de travail. Le CJD fait le constat que la crise traduit un changement de système : face aux symptômes que sont la fracture sociale, le chômage et la précarité, le déséquilibre des comptes sociaux, la rigidité du marché de l’emploi et le manque de flexibilité des entreprises, les réponses apportées (la déréglementation économique et la surrèglementation juridique) sont inadaptées et particulièrement dangereuses.

La solution pour le CJD est d’atteindre une « flexibilité sans précarité » qui associe de la « flexibilité » pour les entreprises, de la « confiance en l’avenir » pour la population et un « équilibre économique et social » pour l’Etat. Pour y parvenir, le CJD fait 18 propositions concrètes, fortes et audacieuses, qui donnent plus de place à la négociation et au contrat. Schématiquement, l’Etat simplifierait le code du Travail et en contrepartie les entreprises auraient l’obligation d’installer un dialogue social soutenu (dans toutes les entreprises, dès 3 salariés) et mettraient en place une réduction et un aménagement du temps de travail (modulation horaire et annualisation).

2012 : Des dirigeants engagés vers un objectif Oïkos

Le CJD formule un ensemble de 12 propositions interdépendantes en vue de l’élection présidentielle, travaillées avec un collectif d’experts.

Fiscalité : Une « Allocation Universelle », véritable « revenu minimal de survie » accordée à tous les résidents français, sans aucun critère d’attribution, fusionnant toutes les 24 aides, financée par un prélèvement à la source de 20% des revenus des personnes physiques, pour éradiquer la pauvreté. Une Taxe générale sur l’Actif Net (TAN) pour remplacer l’IS, les Droits de succession, l’Impôt Foncier, l’ISF, afin de valoriser les revenus du travail plutôt que ceux du capital. L’introduction de « biotaxes » dans le cadre d’une évolution globale de la fiscalité qui rend « peu coûteux ce qui est souhaitable (travail, entretien du capital naturel…) et plus coûteux ce qui est non-souhaitable (utilisation des ressources, pollutions…). »

Entreprise : La suppression de l’IS et réduction des charges sociales sur les salaires pour renforcer la compétitivité des entreprises, compensée intégralement dans les comptes sociaux par les biotaxes, l’augmentation du taux de TVA, et la suppression des taux réduits. Un bulletin de rémunération simple et lisible en quelques lignes pour permettre à chacun de comprendre aisément la nature et l’utilité des prélèvements. Un « Passeport Oïkos » pour capitaliser des droits sous forme de « miles », afin que

chacun organise sa propre formation tout au long de sa vie. La création d’un « Droit de l’Entreprise » à la place du « Droit des sociétés » pour renforcer la place de l’Homme contre l’actionnariat tout-puissant.

Finances : L’Introduction d’une contrainte de viscosité dans les mouvements financiers, afin de décourager la spéculation et le court-termisme. La séparation entre banques de dépôt et banques d’investissement et d’affaires pour limiter les conflits d’intérêts. La suppression de l’argent liquide pour lutter contre les la drogue, la corruption et le travail non-déclaré.

Gouvernance : L’interdiction d’une croissance de la dépense publique (État + Régions) supérieure à 50% du taux d’accroissement de la population d’âge actif. La signature, dès 2012, par les États européens, d’un Pacte fédérateur de la zone euro afin que naissent « Les États-Unis d’Europe » avant 2020, incluant l’union économique intégrée, pendant indispensable à l’union monétaire.

2017 : 50 expérimentations pour nos dirigeants engagés

Plutôt qu’une plateforme de propositions et de revendications, en tant qu’association de dirigeants engagés le CJD a choisi de présenter des réalisations inspirantes d’entrepreneurs aux candidats à la présidentielle de 2017 : en tout, « 50 expérimentations » d’entreprises JD, dans leurs territoires, sur l’entreprise, l’environnement, l’emploi, la jeunesse…

2017 : Réforme de l’apprentissage

À la demande du Gouvernement, le CJD a interrogé ses membres sur la réforme de l’apprentissage (novembre 2017, 629 répondants). Pour eux, l’alternance en entreprise, trop souvent dévalorisée, pourrait être « voie royale » de la professionnalisation des jeunes. Pour cela, il faut, estiment-ils, mettre l’accent sur l’orientation (valoriser l’alternance et accompagner les jeunes), trouver un équilibre financier pour l’entreprise, notamment les plus petites, renforcer les liens entre les CFA et les entreprises, adapter le cadre légal aux réalités quotidiennes de l’entreprise, développer l’apprentissage international (à l’instar du Volontariat International en Entreprise).

Plusieurs mesures concrètes ont été intégrées dans la réforme.

2018 : Discours au Premier Ministre vers nos dirigeantes et dirigeants engagés lors du congrès biannuel

Le Premier Ministre Edouard Philippe était l’invité du Congrès de Nancy. Olivier de Pembroke l’a accueilli par ces mots : « […] Les jeunes dirigeants sont des citoyens qui s’engagent avec courage pour un société plus responsable et plus durable. […] Ils écrivent la formidable aventure de l’économie française. […] Jean Mersch […] écrivait [que diriger, c’est servir]. Servir la société. Pour un monde bienveillant et optimiste, ouvert et inclusif, productif et durable. Servir nos collaborateurs. Pour que le travail soit une source d’épanouissement et de bonheur, et non de contrainte et d’angoisse. […] le bilan comptable a moins de valeur que le bilan humain ! »

« Les entrepreneurs ont le besoin absolu qu’on leur fasse confiance. Ils veulent pouvoir expérimenter de nouvelles pratiques sociales avec leurs collaborateurs. Ils veulent avoir la faculté de se tromper puis de se relever. Ils veulent que l’on croie à leur sincérité. Ils veulent être écoutés et entendus, non pas parce qu’ils savent mieux que d’autres mais parce qu’ils ont une connaissance concrète de la vie économique. »

« Les jeunes aussi ont besoin de cette confiance dans un monde meilleur. Qu’ils en soient dénués nous est proprement insupportable. […] L’économie au service de l’Homme que nous incarnons est assurément en phase avec les valeurs de notre Education nationale. Alors, faites du CJD un interlocuteur privilégié des enseignants. […] »

2018 : Conventions collectives

A la demande du cabinet de la ministre du Travail, le CJD a interrogé ses adhérents (janvier 2018, 151 répondants). Pour eux, les conventions collectives apparaissent davantage comme un mal que comme un bien et, trop complexes, semblent à la fois inadaptées aux besoins des entrepreneurs et aux enjeux d’avenir. Les JD approuvent l’existence d’un cadre qui protège mais aimeraient pouvoir gérer un certain nombre de sujets au niveau de leur entreprise : le temps et l’organisation du travail et les rémunérations (souvent régis par des coefficients et grilles de branche).

2018 : Loi Pacte

Le CJD a présenté son analyse de la loi, à partir d’un sondage interne (été 2018, 779 répondants).

Le CJD reconnaît ls simplifications administratives et les coups de pouce aux entreprises mais estime que les avancées en matière de responsabilité des entreprises sont insuffisamment ambitieuses : la loi résout des problématiques du quotidien mais ne porte pas les transformations nécessaires à un développement économique harmonieux, inclusif et durable.

Le CJD estimait qu’il fallait aller plus loin dans l’affirmation des enjeux de responsabilité des entreprises. Il revendiquait notamment la reconnaissance juridique des entreprises à mission. Durant les débats parlementaires, il a pris fermement position en faveur de la reconnaissance de l’utilité sociale des entreprises, de l’inscription de la raison d’être des entreprises dans leurs statuts, et pour l’entreprise à mission.

2019 : Grand débat

Face à la crise des Gilets jaunes, en tant qu’ association de dirigeants engagés le CJD s’est très rapidement mobilisé, au travers d’un manifeste signé par 1500 personnes réclamant un changement de paradigme face au « défi économique et social », au « défi écologique » et au « défi démocratique ».

En deux mois, les sections du CJD ont organisé 35 ateliers d’intelligence collective qui ont fait émerger une centaine d’idées concrètes dont neuf ont été remises au Gouvernement :

  • « Mettre en place un contrat de travail universel »,
  • « Pérenniser une prime défiscalisée aux salariés »,
  • « Reconnaître le statut d’entreprise à mission »,
  • « Favoriser les expérimentations dans les entreprises à l’initiative de celles-ci »,
  • « Transformer le ‘’comité social et économique’’ en ‘’comité social, économique et environnemental’’ »,
  • « Faire des entreprises un lieu d’expression citoyenne »,
  • « Instituer une journée citoyenne des entreprises »,
  • « Créer un label valorisant les produits durables,
  • « Instituer une « Cour de défense du bien commun » ».

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