Le 1er juillet 2024, Mathieu Hetzer et Quitterie Idiart ont pris la présidence du CJD dans un contexte marqué par les incertitudes politiques, les tensions énergétiques et l’accélération des défis climatiques. Face à ces bouleversements, le choix n’a pas été celui de l’attentisme, mais de l’action.
Dès les premières semaines du mandat, un tour des régions a permis d’écouter les attentes des membres du CJD et de nourrir une réflexion collective avec le COMEX et le conseil d’administration via les présidents de région. De cette dynamique sont nés quatre axes de travail : accompagner plus concrètement les dirigeants, mieux comprendre les transformations à l’œuvre, expérimenter de nouvelles façons d’entreprendre et renforcer la voix du mouvement dans la société.
Deux ans plus tard, ces ambitions ont pris corps à travers de nombreux projets, portés par l’engagement des membres, des bénévoles et des équipes du mouvement.
Axe 1 — Pragmatique : donner aux dirigeants les moyens d'agir
L’une des priorités du mandat consistait à rendre le CJD toujours plus utile au quotidien des dirigeantes et dirigeants. Dans un environnement de plus en plus complexe, chacun doit pouvoir trouver rapidement des ressources, des repères et des outils adaptés à ses enjeux.
C’est dans cet esprit que la plateforme CJD Ressources a vu le jour et s’est enrichie, avec des contenus pratiques, des capsules vidéo et des kits destinés à accompagner les membres dans leurs responsabilités d’entrepreneurs et d’employeurs.
La Convention JDoyenne a également illustré cette volonté de partir du terrain pour construire l’avenir. Cinquante Jeunes Dirigeants y ont partagé leurs expériences et formulé 57 propositions concrètes. Plusieurs d’entre elles ont trouvé un prolongement direct dans les travaux du mouvement, entre autres à travers la création d’une commission sur la robustesse, le lancement du module Boussole au sein du Parcours JD ou encore la naissance du podcast « Oser diriger autrement ».
Cette ambition d’accompagnement s’est également incarnée dans les actions du CJD Formation, qui a poursuivi son engagement au service du développement professionnel et personnel des membres à travers l’Université du Développement Personnel ainsi que des parcours Copernic et Galilée.
Parce qu’entreprendre reste une aventure exigeante, le dispositif d’écoute CALL ME a également été renforcé grâce à un nouveau partenariat avec Pros-Consulte, afin que chaque dirigeant puisse trouver un espace d’écoute lorsqu’il en a besoin.
Axe 2 — Visionnaire : Mieux comprendre pour mieux anticiper
Face aux transformations économiques, technologiques et sociétales en cours, le CJD a choisi de renforcer sa capacité de réflexion collective.
Le déploiement du CJD Lab a marqué une étape importante dans cette démarche. Plus d’une dizaine d’experts issus d’horizons variés ont contribué à nourrir les réflexions du mouvement et à éclairer les grandes mutations auxquelles les dirigeants sont confrontés. Ce travail a notamment donné naissance à un « cahier de vacances » destiné à prolonger les échanges et à diffuser largement les enseignements produits.
Le mouvement a également renforcé son ouverture vers l’extérieur en nouant de nouveaux partenariats avec des acteurs reconnus tels que Bpifrance, l’ADEME, Heart Leadership University ou GenAct. Dans le même esprit, le CJD a co-fondé l‘Alliance Inter Mouvements (AIM), qui regroupe une cinquantaine d’organisations partageant une même volonté de contribuer positivement à la société.
Cette dynamique s’est aussi exprimée lors des grands rendez-vous du mouvement. Les Rencontres du Réseau ont réuni près de 1 000 membres au DOJO de Paris en 2024 puis au Cirque d’Hiver Bouglione en 2025. Le Congrès 2026 de Nice a, quant à lui, rassemblé plus de 1 200 dirigeants venus partager leurs expériences, confronter leurs idées et enrichir leurs pratiques.
Les réflexions engagées durant le mandat ont également trouvé une traduction dans plusieurs prises de position, notamment à travers une note consacrée à la robustesse et un manifeste dédié à l’intelligence artificielle.
Axe 3 — Transformation : Expérimenter pour transformer
Au CJD, les idées n’ont de valeur que lorsqu’elles rencontrent le réel. C’est pourquoi le mouvement a poursuivi sa tradition d’expérimentation en faisant du terrain un véritable laboratoire de transformation.
Le parcours Galilée a permis, pendant deux ans et dans quatre régions, d’explorer de nouvelles formes de coopération entre entreprises d’un même territoire. Son déploiement dans les autres régions est en cours. L’expérimentation de la semaine de 4 jours, menée avec la Région Occitanie et l’Aract Occitanie, a quant à elle montré qu’il était possible de conjuguer qualité de vie au travail et performance, avec des résultats encourageants sur l’engagement des salariés et l’absentéisme.
Partout dans les régions, d’autres initiatives sont venues enrichir cette dynamique. En Rhône-Alpes, plusieurs dirigeants se sont engagés dans le projet Corepers autour du partage de la valeur, du dialogue social, de la formation et du mécénat de compétences, avant de poursuivre leurs travaux à travers de nouvelles expérimentations. Vingt dirigeants ont également testé le référentiel simplifié de reporting extra-financier VSME avec l’appui de l’Ordre des experts-comptables. En Normandie, le programme CAPS a permis à plusieurs entreprises d’expérimenter de nouvelles formes de participation des salariés à la vie de leur organisation.
Ces démarches témoignent d’une même conviction : les transitions ne se décrètent pas. Elles se construisent pas à pas, à travers des expériences concrètes, partagées et évaluées collectivement.
Cette culture de l’expérimentation semble porter ses fruits puisque, selon l’enquête CJD 360° de 2025, 8 jeunes dirigeants sur 10 déclarent avoir mis en œuvre au moins une pratique innovante au sein de leur entreprise.
Axe 4 — Rayonnement : Faire rayonner une autre vision de l'entreprise
Le CJD porte depuis sa création une certaine idée du rôle de l’entreprise dans la société. Durant ce mandat, cette voix a continué à se faire entendre dans de nombreux espaces de dialogue et de décision.
Le mouvement a participé à plusieurs grands rendez-vous nationaux, du Salon de l’Agriculture à l’Université de la Terre à l’UNESCO en passant par les Rencontres de l’APEC. Il y a défendu une vision exigeante et pragmatique de l’entreprise, notamment sur les enjeux liés à la CSRD et à son adaptation aux réalités des PME. Cette démarche s’est également traduite par des échanges réguliers avec les pouvoirs publics, notamment avec les ministres Véronique Louwagie et Astrid Panosyan-Bouvet.
L’engagement du mouvement s’est aussi exprimé dans le champ associatif, avec la mise en place d’un partenariat avec Senior Force Plus afin de promouvoir l’emploi des seniors auprès des membres du CJD.
Parce que l’entreprise est aussi un acteur de la vie démocratique, le mouvement a souhaité encourager l’engagement citoyen des dirigeants. La campagne « Oser être maire autrement », lancée à l’approche des élections municipales de 2026, ainsi que la publication mi-juin 2026 du manifeste « Pour Refaire Société », ont illustré cette volonté de contribuer au débat public. Une réflexion a par ailleurs été engagée sur les conditions d’un renouvellement des pratiques politiques, dans la perspective de l’élection présidentielle en France en 2027.
Le CJD a également poursuivi ses engagements auprès de la jeunesse et en faveur des transitions écologiques, notamment à travers une troisième édition du Mois de la Planète.
Enfin, le mouvement lui-même a continué de se transformer. Deux nouvelles sections ont vu le jour à Auray et à Saumur. De nouveaux groupes de travail ont été créés pour accompagner l’évolution des modèles d’entreprise et les enjeux numériques. Une réorganisation en zones a permis de mieux structurer la présence internationale du mouvement, tandis que la modernisation du système d’information et le développement de la communication digitale ont renforcé l’expérience des membres au quotidien.
Les différentes enquêtes et baromètres menés tout au long du mandat ont enfin permis d’ajuster les actions du mouvement au plus près des besoins exprimés par ses adhérents.
Continuer à ouvrir des chemins
Ces deux années auront permis de renforcer l’accompagnement des dirigeants, d’éclairer les transformations à venir, d’expérimenter de nouvelles pratiques et de faire entendre une voix singulière dans le débat économique et sociétal.
Mais au-delà des projets menés, l’essentiel réside sans doute dans la dynamique collective qui les a rendus possibles. Partout en France et à l’international, des dirigeantes et dirigeants ont choisi de consacrer du temps, de l’énergie et des idées à une conviction commune : celle qu’il est possible d’entreprendre autrement, en conciliant performance, responsabilité et engagement.
Le contexte demeure exigeant. Les défis économiques, sociaux, démocratiques et environnementaux restent immenses. Mais le CJD dispose aujourd’hui d’une communauté plus forte, de nouveaux outils, de nouvelles expérimentations et d’une capacité renforcée à penser et à agir collectivement.
Un mandat s’achève. Une histoire, elle, continue de s’écrire. À celles et ceux qui prendront la suite de poursuivre cette ambition, d’ouvrir de nouveaux chemins et de faire vivre, partout sur les territoires, cette conviction qui anime le mouvement depuis bientôt un siècle : l’entreprise peut être une force de progrès pour les femmes, les hommes et la société toute entière.